The Rain Room - Random International

Publié le par sarahbarreda@gmail.com

Barbican centre - jusqu'au 3 mars 2013
 
 
 RainRoom2 Dans une boîte noire, la pluie tombe en continu, drue et sonore. De part et d'autre, des spots de lumière éclairent cette installation.
Des capteurs sont installés de telle sorte que la pluie ne tombe pas sur les personnes qui traversent l’espace. Un geste de la main, un bras tendu vers le rideau de pluie et il s’écarte. J’ai immédiatement en tête cette image biblique de Moïse ouvrant la mer en deux pour la traverser. Nous y voici. Nous avons créé notre propre espace mythologique. La référence biblique me poursuit. Il semble presque naturel aux visiteurs de vouloir être pris en photo les bras en croix, le visage en offrande vers le ciel clément. Nous sommes entrés derrière le miroir, dans l’espace fictionnel et nous devenons une pièce, aléatoire de l’œuvre.
J’ai longtemps noté avec curiosité une certaine propension des plasticiens à devenir chorégraphes. The Rain Room m’explique ce lien. Je suis presque médusée que cela ne soit finalement pas si compliqué à comprendre. Dans cette installation qui interagit avec ses visiteurs, cet espace modulable et sensible, plastiquement très beau, je comprends. Ce sont les corps, nous, qui en révélons toute l’intelligence plastique. Cet espace a besoin d’être traversé pour exister. Il ne prend son sens que dans l’imprévisible chorégraphie de ses visiteurs.
Cet espace, digne d’une scénographie de Pina Bausch me révèle, dans le bruit continu de la pluie, ce lien qui ne m’avait alors jamais réellement saisi.
L’acte de regarder et de bouger sont les fondements de cette architecture. Chaque silhouette est teintée de clair-obscur, des rideaux de pluie nous séparent.
Je suis l’être traversé, traversant.
L’être éphémère d’une installation sans durée.
Je suis l’être imperméable d’un espace perméable.
Je suis l’être habité d’un espace bientôt quitté.
 
 
 

Publié dans Expositions - peinture

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