El tiempo todo entero - Romina Paula

Publié le par sarahbarreda@gmail.com

Théâtre Garonne - Janvier

 

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Dans une cage, un intérieur soigné, un peu vieux, enferme un huis-clos à trois personnages, bientôt quatre. La musique emplit l'espace et le silence avant qu'Antonia prenne le relais. Au départ, nous semblons plongés dans l'anecdotique d'une vie de famille, toujours un brin névrotique, presque nécessairement névrotique. Les considérations d'Antonia semblent papillonner d'un sujet à l'autre, refaisant le monde à base d'hypothèses et de réflexions diverses et sautillantes.

Le temps s'installe et nous laisse comprendre, au rythme d'Antonia, le noyau de son fonctionnement et de celui de sa famille. Ce personnage charmant et fulgurant, inquiet, bavard tente de tisser un cocon d'insoucience, à l'abri du monde, dans cet entre-soi familial. Foetus en constante gestation, sa réalité est limitée à cet espace, sa phobie devient un argumentaire pour se défendre du monde, un monde où les expériences sont tantôt indéfinissables, tantôt mesurables mais à priori stériles. Elle se biberonne à un temps réflexif, qui se prend tout entier, qui semble l'envelopper dans un flux continu pour tendre vers un pour toujours, un à jamais.

Autour d'elle, ses proches s'organisent, les connaissances sont acceptées si elles s'adaptent.

 

Mais l'espace fictionnel doit tendre vers une fin et la vie a sa propre patition, musique douce ou cruelle, selon ses variations. Et alors que les paroles en recouvraient le dénouement, alors que nous ne prenons pas garde, le coeur d'Antonia se brise.

Il n'y a pas de pour toujours, il n'y a pas d'infini. Sa prison mentale ne peut que l'emprisonner elle-même.

Son coeur se brise et le notre aussi.

La mise en scène de Romina Pola, les acteurs, nous cueillent avec tellement d'intelligence, que nous sommes juste désarmés et touchés, profondément.

Puis l'obscurité, la musique, les applaudissement.

Puis il faut ressortir, dehors, le monde.

 

Texte et mise en scène Romina Paula Librement inspiré de La Ménagerie de verre de Tennessee Williams traduit et surtitré par Christilla Vasserot Avec Pilar Gamboa, Esteban Bigliardi, Susana Pampín, Julián Larquier Espace Alicia Leloutre et Matías Sendón Lumière Matías Sendón Musique Marco Antonio Solis, « Si no te hubieras ido », Chavela Vargas, « Macorina », Rata Blanca, « La Leyenda del hada y el mago »

Cette pièce a été produite grace au Prix ‘S’ attribué à Romina Paula en 2007

Spectacle créé en février 2010 à l’Espacio Callejón (Buenos Aires, Argentine), et est présenté à Toulouse avec le soutien de l'ONDA.

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