Théâtre Garonne - 12 avril
Il m'est de plus en plus difficile d'écrire : l'impression que les mots s'assèchent au fur et à mesure qu'ils tentent de retenir un spectacle de danse, théâtre ou cirque. Ils se répètent sans jamais arriver à atteindre l'objet.
Et quel objet cette fois ? Entracte de Nadj.
Entracte qui me conduit à tenter de cerner ce qui fait l'identité artistique ; une identité marquée - une signature qui sait néanmoins se renouveler. ll me semble bien qu'avec Entracte,
Nadj atteint l'aboutissement d'une recherche. On retrouve un univers plastique qui mêle une forme d'austérité à une grande richesse de propositions visuelles et scéniques. Avec Entracte, cette
austérité apparaît particulièrement élégante avec des lignes épurées. Il y a une sobriété qui permet d'entrer dans une grande complexité de l'écriture toute à la fois musicale, chorégraphique et
plastique.
Je sens bien qu'il y a toujours son angoisse de fond qui surgit de par les masques, ses références, les touches de couleurs sang, terre et or, la mutabilité de ces figures humaines ; animales et
marionnettes.
Il y avait également longtemps que, tout simplement, une pièce ne m'avait pas happée de la sorte, sans que rien, aucun moment de déconcentration, de réflexion, d'ennuie ne vienne perturber
le temps de l'éphémère et du vivant.
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La pâte C de la B. En soi
toute une charte qui va de la musique Baroque portée par une voix magnifique live, à la virtuosité des interprètes, un brin de folie parfaitement maîtrisé (n'y voyez aucun paradoxe), une
scénographie, un brassage esthétique (théâtral, chorégraphique, circassien, musical), un attrait pour les extrêmes, un discours
politique ou du moins engagé.
C'est une pièce très bien écrite, qui ne se laisse pas
deviner tout de suite.
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