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Festival CDC de Toulouse - avril 2011
Les productions de la Zampa ne manquent jamais de gueule ou de caractère selon, et en tout cas de force, une
intensité dans les gestes et intentions livrés dans un même mouvement.
Dans "Requiem" , un corps harnaché, une figure défigurée, entre dans un rituel. Un mouvement léger de la hanche, persistant, la figure se déplace et nous fixe. On sent un corps tonique et tendu vers une destination inconnue, qui nous interpelle mais le rite nous échappe. Guitare, son, voix, viennent renforcer cette sensation d'un enjeu. Toutefois celui-ci est ignoré et c'est peut-être là l'enjeu, dans cet inconnu.
Force est alors de penser à la mort, à cette frontière dont le corps est le médian tangible.
Le rituel : "Ensemble d'actes, de paroles et d'objets, codifiés de façon stricte, fondé sur la croyance en l'efficacité d'entités non humaines et approprié à des situations spécifiques de l'existence."(définition du Larousse)
ou « comportement répétitif ou acte mental que le sujet se sent poussé à accomplir en réponse à une obsession ou selon certaines règles appliquées de façon inflexible. Ce comportement est destiné à neutraliser ou diminuer le sentiment de détresse ou à empêcher un événement ou une situation redoutés. » (définition de J boutilier - enseignant à l'INCTB)
La dimension de contrainte est présente, par l'harnachement du corps, qui peut être suspendu, traîné, tiré. Ce corps tente une communication vers le spectateur, vers le partenaire dans une image qui me rappelle fortement "carapace" de Schuitten. Tantôt, il est l'initiateur du rituel, figure effrayante, tantôt il n'est qu'un élément manipulé, figure abandonnée à son destin.
L'enjeu est au coeur du vivant, comme le vivant est l'enjeu au corps de la vie ou de l'art.

Crédit photo : Isabelle Duverger
Chorégraphie Magali Milian et Romuald Luydlin
Avec Magali Milian, Romuald Luydlin, Marc Sens
Guitares Marc Sens
Création lumière Pascale Bongiovanni
Réalisation et régie son Valérie Leroux
Sculpteur Anne Leray
Textes Casey
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