Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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festivalberenicempa49273.jpg[435x-1]   Lors d'une discussion avec le public, au sujet du texte d'Hijikata, Charmatz disait que le texte en lui-même était une danse. La langue de Racine de même contient du mouvement, certains vers pourraient se réciter sans fin. La beauté atemporelle de ce texte sonne à la perspective de l'histoire du Congo. Les interprètes se griment la figure d'un masque blanc, se coiffent de perruques occidentales et jouent de la préciosité d'une langue et d'un théâtre.  Une bulle qui ne protège pas du reste, une grimace qui ne tait pas la crise identitaire.

La tragédie doit inspirer "terreur et pitié", qui sacrifier ?

La scène n'est plus une réelle catharsis quand un peuple en vite une.

Alors on mâche la beauté du texte, on essaie de la digérer, elle est révélée tout autant qu'elle est malmenée, les phrases sont portées en exergue, et se jettent tantôt affolées, retenues, criées, murmurées à l'écoute du vent et des spectateurs.

L'histoire, la vraie s'insinue entre les strophes, sans pathos. Terreur et pitié.

Tout au long de cette tragédie qui regarde une autre tragédie et vice-versa, Faustin Linyekula, le premier sacrifié, continue sa danse au pied d'une échelle suspendue dans le vide, une danse accroupie, repliée sur soi, un corps qui se berce lui-même, au rythme de cailloux frappés les uns contre les autres. Une présence discrète mais constante.

Bérénice l'étrangère est laissée seule. Les comédiens amènent toute leur énergie dans ces vers, dans leur propre histoire. Parfois, il y a des longueurs et des temps morts, il faut du temps, des détours et sans doute du courage pour en finir avec Bérénice. Comment se débarasser de la tragédie ? Il y a l'humour, la constance de l'artiste, un peu de folie, une communauté.

Nous sommes tous ici rassemblés pour en finir avec Bérénice.

 

Avec Innocent Bolunda, Madeleine Bomendje BIAC, Daddy Kamono Moanda, Joseph Pitshou Kikukama, Véronique Aka Kwadeba, Pasco Losanganya Pie XIII et Faustin Linyekula

Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 09:00
- Par Sarah Barreda - Publié dans : Théâtre - Voir les 0 commentaires
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