Nocturnes - Maguy Marin - Denis Mariotte

Publié le par Sarah

Vu au Théâtre Garonne - Octobre 2012

 

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Avec certains artistes, il semble important de suivre leur répertoire, son évolution, comme les pièces d'un même puzzle que nous sommes amenés à assembler.

 

Nocturnes apparaît de prime abord très proche de Salves : la même austérité de la scène, la même construction découpée de noirs.

Néanmoins dans Salves, les interprètes semblaient pris dans une fuite en avant, un sentiment d'urgence, un élan vital, une rebellion.

Nocturnes apparaît plus posée, sans ce mouvement. En fond sonore, un vrombissement tient un fil continue qui se rompt parfois. Cette semi constante me semble surgir de la terre, d'une profondeur, et peut s'apparenter à un grondement, tiré du sommeil ou d'une plainte, peut-être les deux.

La pièce s'ouvre et se ferme sur deux figures similaires : d'abord un homme, assis, tête renversée, bouche ouverte, yeux clos puis une femme toute aussi inhabitée, deux figures de morts, la fin d'Adam et Eve. Et que s'est-il passé entre-temps ?

Le monde semble se souvenir, les visions arrivent de loin, d'un autre espace-temps, comme des résurgences, des flashs, sans aucune chronologie, qui se répètent, se modifient, comme un souvenir qui s'altère et n'arrive plus à retenir les anecdotes des gesticulations humaines.

Dans Salves, il y avait encore l'énergie et maintenant, la catastrophe a eu lieu ou l'espoir s'est éteint, il ne reste plus rien, que la terre pour se souvenir, dans cette nuit qui finira par tout emporter, loin de l'engourdissement des spectateurs.

Maguy Marin et Denis Mariotte portent le désenchantement du monde. Cet avant-après, ce Salves-Nocturnes me laisse dans la tristesse de ma propre disparition.

 

Conception et réalisation : Maguy Marin et Denis Mariotte

Avec Ulises Alvarez, Kaïs Chouibi, Laura Frigato, Daphné Koutsafti, Mayalen Otoondo, Ennio Sammarco

Création : septembre 2012 

crédit photo : Christian Ganet 

Publié dans Danse

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