Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
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Biennale de la danse de Lyon - 14 septembre

 

nelken-9911  Trente ans après, ou plutôt trente années durant, Nelken est sur scène.

 

Face à de telles oeuvres, on avance prudemment parce qu'on interroge un mythe. Alors, je m'accroche, scolairement à quelques grands axes.

 

La scénographie

Les oeillets roses. Un parterre d'oeillets, plantés sur toute la scène. Debout. Obligeant les danseurs à avancer précautionneusement pour leur première entrée. On ne peut pas se lasser de cette image. Petit à petit les oeillets sont écrasés, l'image ne se détèriore pas, elle enlève le voile de perfection pour laisser la tristesse, le cours du temps s'infiltrer.

 

Les interprètes

Un plateau d'une vingtaine d'interprètes.

Des physiques et des présences, des âges différents, des expériences, les héritiers de Pina, les danseurs historiques, la nouvelle génération. Nous sommes dans le présent et dans l'histoire de la danse, il n'y a pas de cloisonnement chez Pina mais une vérité. Cette vérité, elle se danse, elle se dit, elle se ressent, elle est diffuse et elle éclate.

 

Nelken

C'est étonnant de découvrir cette pièce avec quelque dizaine d'années de retard. La force est intacte et on y voit beaucoup de choses qui ont été par la suite reprises (et en moins bien, faut le dire).

Nelken me fait penser à la métaphore du roseau qui ploie sous la force du vent mais ne casse pas. Au départ, il y a la fragilité de l'espace, quelque chose de précieux. Puis, l'humanité s'emballe. Les rapports de force se dessinent, la séduction oscille entre innocence et domination. La scène est envahie de cartons et échaffaudage, la nature s'efface pour laisser place à un espace qui peut contenir une communauté d'individus, les émotions et la violence de leur lien.

Le mouvement va et vient : dans les gestes ritualisés des danseurs, les cycles mis en place, l'invidu et la communauté, l'intime et l'universel, le spectaculaire et sa réalité. Le spectateur est interpelé, tantôt plongé dans un oeuvre saisissante, tantôt directement interrogé. Du mouvement, de la vie, de la douceur et du mordant incisif, drôle de bipède que nous sommes.

Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 19:37
- Par Sarah Barreda - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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