Festival d'Avignon - Juillet 2010
Dès les premières notes de cette musique si particulière, nous entrons dans la vision de Nadj. Les Corbeaux.
Un oiseau noir, associé au malheur, dans ses habits de deuil, un oiseau mélancolique. Son cri est un étranglement, sa danse écorche le corps strié de crispations.
Nadj entre dans l'oiseau avec inquiétude. Un corps d'homme qui chute, tombe sur ses genoux en un bruit d'os,
des bras secs aux mains qui griffent le vide et bientôt la toile. Il projette sur cette toile blanche, un affolement, une tentative d'envol en éclaboussures noires. Nous ressentons face à la
peinture de l'homme-corbeau la rapidité du geste, sa brièveté, son éclatement.
L'homme-corbeau, le danseur-pinceau. Le corps entier, plongé dans la peinture noire, ne voit
plus, ne respire plus. Un oiseau mazouté plongé dans la tristesse de ce monde qui essaie de glisser sur cette toile couchée qui reste à créer. La dernière danse reste au sol, son envol appartient
à la terre, la musique se fait de plus en plus criante, un mugissement qui tient tout autant de l'oiseau que du mamifère, l'expression d'une vision diurne et nocturne, dans un entre-deux monde, un passeur.
La lumière plonge dans un tonneau, s'éteint. Nous avons regardé un tableau vivant et traversé le miroir.
Dimanche 1 août 2010
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16:00
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Par Sarah Barreda
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Publié dans : Danse
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