Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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Festival off d'Avignon

 

Cornucopiae était en quelque sorte une pièce nihiliste tandis qu'ici nous avançons, pudiques, sur le territoire de l'intime.

Dans la salle voûtée de la Maison Jean Vilar, un lieu en dehors du tumulte d'Avignon, tout en pierre, une toute petite communauté de curieux s'assoient. Au milieu de la pièce une paillasse et un kimono de soie. Quelques notes de guitare et nous sommes hors du temps.

Régine Chopinot se lève et se lance dans une danse toute en fragilité, chaque mouvement semble précieux, goûté, senti jusqu'au bout des doigts. Les doigts eux-mêmes frémissent, dessinent leur propre espace. Elle s'allonge et continue le rituel, cette danse personnelle et fragile. Les notes de guitare sont accompagnées de bruit de vague. Nous écoutons la danse et sa nostalgie, nous ressentons sa douceur. Bientôt cachée d'une frange, elle continue, faussement anonyme. Nous la devinons, nous observons cette silhouette qui danse l'espace et le temps, nous fait partager un moment privilégié inscrit dans le tangible et l'imperceptible.

La lumière naturelle de la pièce vascille. La présence de la danseuse s'efface dans le silence.

Merci.

 

l-oral-de-la-danseuse-aveugle-de-regine-chopinot

"Je continue à avancer en remmontant le fil du temps et de l'oubli. L'oubli de cette enfant pied-noire sur la plage des Bains-Romains, à l'ouest d'Alger, de 1952 à 1962. Un de mes rares souvenirs est le temps passé à scruter le sable, en marchant ou accroupie, pendant des heures, pour y dénicher des opercules, les yeux de Sainte Lucie. 10 années volatilisées. Où se sont-elles déposées ces années fantômes, au détour de quelle sorte de recoin perdu ?

Aujourd'hui, je suis dans l'après Cornucopiae, dernière pièce créée en novembre 2008, au sein de l'institut chorégraphique de La Rochelle, qui portait sur la disparition, sans visage ni regard. Je suis donc danseuse, nomade, sans désir de lieu ni de compagnie et prête à croiser l'espace de ce retour de mémoire, face à mes absences, des trous d'air." Régine Chopinot

 

A propos de la pièce Cornucopiae, lire :

http://www.clochettes.net/article-24646656-6.html#comment46447783

 

 

 

Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 08:00
- Par Sarah Barreda - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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