Au Théâtre Garonne du 17 au 26 mars 2011
La scène est dépouillée, d'un blanc clinique. Pas d'effet lumières. Pas franchement de décors. Pas franchement de
costumes. Ils sont deux, un couple. Ils semblent traîner leur ennuie ensemble. Les mots s'égouttent doucement. L'un lit l'étiquette d'une bouteille de vin, l'autre un manuel de grève de la faim.
Le point de départ est posé. Marion ne mange plus pour trouver, donner, un sens à sa vie. Une décision indéterminée est prise, un objectif beckettien qui pourrait trouver des consonances sociales
ou politiques mais qui semble à priori seulement existentielle, un acte paradoxal qui annihile cette femme à petit feu, l'aspire de l'intérieur tandis qu'elle tente des questions, tandis qu'elle
tente l'absurde, ou une expérience vélléitaire de gain d'argent avec son conjoint.
André espère gagner facilement de l'argent en répondant à un questionnaire. Un objectif sans grandeur qui
s'avère une quête identitaire pseudo scientifique ou statistique, pas très humaine.
Les mots semblent inoffensifs. Deux êtres qui se cherchent des objectifs, une occupation.
Pourtant les conséquences s'infiltrent dans l'anodin, le résiduel. Le badinage flirte avec la vie et la mort,
la filiation, les liens de couple et de famille, le sens de la vie, le sens de l'histoire, le sens de l'argent, de l'être ensemble et être seul.
Ils semblent pris dans une expérience clinique qu'ils se sont infligés eux-mêmes.
Les mots s'égrènent précis, pas si anodins, pas si badins.
Deux être humains s'épuisent, physiquement, psychologiquement, humainement face à nous, ils se perdent. Elle
reste à terre, on ne sait pas où il part.
C'est un titre, une question personnelle, un débat national.
Identité semblait un masque neutre, il a pris figure humaine et grimace douloureux.
Texte et mise-en-scène Gérard Watkins avec Anne-Lise Heimburger et Fabien Orcier scénographie et lumières Michel Gueldry
Mardi 29 mars 2011
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18:22
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Par Sarah Barreda
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Publié dans : Théâtre
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