Festival d'Avignon - le 21 juillet 2010
Philippe Quesne travaille sur la mélancolie urbaine. Et quel drôle d'objet il nous livre ! Du non identifié.
Il se passe presque rien. Ainsi, à pas feutrés, en murmures, les scènes s'esquissent visuelles, sans jamais s'imposer et suivent un cours qui semble déterminé mais pas vraiment convaincu,
hésitant mais écrit.
Tout en prenant son temps, l'histoire sans histoire, celle de l'évolution des choses, choses étant
suffisamment indéterminé pour être le terme adéquat, présente des tableaux suffisamment décalés pour amener une forme de poésie sans relief, à l'oscillogramme plat. C'est drôle et insidieusement
flippant la mélancolie urbaine de Quesne. Ce non spectacle, cette non performance, ce machin chose, qui tient un peu de l'aquarium m'ennuie à tous points de vue. La mélancolie urbaine se regarde
et le sentiment d'impuissance est complet. Seul l'humour et le regard finalement sur ces images plutôt belles, notamment quand elles se noient dans une scène baignée de lumière verte et de vapeur
d'eau, rappellent un tant soit peu le vivant, secouent le mollusque qui gît en nous. On comprend sa référence à l'infiniement petit, parce qu'on ressent très fort que Big Bang nous présente le
dérisoire.
Ainsi, sans faire grand bruit, il valorise le rien par le peu, le peu se fait rare et on s'accroche à ce
qu'on peut.
Avec Isabelle Angotti, Rodolphe Auté, Hermès, Jung-Ae Kim,
Emilien Tessier, César Vayssié, Gaëtan Vourc'h
Mardi 27 juillet 2010
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08:00
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Par Sarah Barreda
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Publié dans : Théâtre
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