Les Barbares - Eric Lacascade

Publié le par Sarah

 D'après le texte de Gorki

TNT - Toulouse - 10 novembre 2006

 Je n'ai pas lu le texte de Gorki, il se peut que ça fasse un différence. Au début, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans la pièce. Visuellement, j'étais attirée par la scène : un plateau de lamelles de bois sombres qui dessinent des diagonales, des arbres projecteurs, sur la droite un mur de projecteurs, une allée de sable sur le devant de scène et de petites barricades de bois en fond de scène, très balnéaire. Au début, lumière côté scène et public, puis, le public est plongé dans le noir tandis qu'une ambiance feutrée baigne l'intrigue des Barbares.

Les personnages finalement ont eu raison de mon manque de concentration, très humains, et naturellement noyés dans leurs incertitudes, désirs et frustrations. Seul l'humour emporte le propos très sombre.

Il y a dans le passage du temps, le changement d'époque, des anciens aux modernes, toujours un fond de trivialité nostalgique qui permet de ne plus penser, penser que le monde avance et que la question, celle du pourquoi, n'est toujours pas résolue.

 

Publié dans Théâtre

Commenter cet article

Christel 13/11/2006 17:39

J'attendais de savoir ce que tu avais pensé de cette pièce. Je me suis demandé si j'étais bien capable d'apprécier le jeu des acteurs de nos jours, moi qui ne vais pas voir des tonnes de spectacles. Ne manquerait-il pas de ce que j'appellerais avec un semblant de naïveté du NATUREL?
SELON MOI cette pièce est ratée et je m'explique illico: le texte (rendons grâce aux acteurs qui l'ont fait clairement entendre, on distinguait tous les mots du fait de leur bonne diction) est quand même très ancré dans l'histoire, tournant autour de l'arrivée du chemin de fer dans une petite ville de province russe au début du siècle, avec une galerie de personnages qui constituaient à mon avis autant d'éléments de la satire d'une société: 1) russe; 2) du début du siècle. Ce n'est quand même pas dans tous les pays que le servage a duré aussi longtemps et qu'une révolution bolchevique a eu lieu. Cette toile de fond, elle ne m'a pas semblée être DITE par la mise en scène qui n'a pas été non plus totalement dans le sens d'une pièce atemporelle. En bref, la pièce n'a été NI adaptée réellement au propos du metteur en scène qui se voulait universel (l'homme qui asservit son prochain, qui s'asservit lui-même...), un peu bateau (mais on peut faire, me semble-t-il, de bonnes pièces avec des propos généralisants), NI ancrée dans un arrière-fond social qui aurait été assez marqué pour être compréhensible. Mention spéciale pour les costumes particulièrement fades, à quelques exceptions près, pas à la hauteur de la sorte de chorégraphie, de ballet, qu'exécutaient les acteurs dont tous les gestes étaient extrêmement bien placés.
Le plus gênant pour moi a quand même été ce jeu impersonnel de la plupart des acteurs: ils ne donnaient pas de vie au texte, ils ne nous emmenaient pas, on ne vibrait pas avec eux. Donnaient-ils tout ce qu'ils avaient, je n'en avais pas l'impression.
Comme si tout le monde, du metteur en scène aux acteurs, s'était trouvé empêtré dans un texte qu'ils ne comprenaient pas et qu'ils n'ont pu mener à ces limites, ils se sont donc débrouillés avec des pitreries (par exemple le prélude: le clochard chantant Loosing my religion de R.E.M....?!; précédant la première scène sensée se passer sur le quai d'une gare russe au début du siècle) qui avaient comme un goût de replatrage: des fioritures, pour rattraper...
CHRISTEL

nectar.safran@hotmail.fr 14/11/2006 09:10

Ton point de vue est intéressant. Au contraire, le jeu des acteurs m'a plu à l'exception de la femme du rouquin qui m'énervait prodigieusement (c'était peut-être fait exprès, mais je ne crois pas).
Par-contre, j'avais un peu entendu parlé du texte dont Lacascade s'était inspiré et il me semblait bien qu'il y avait un soucis (d'où ma première phrase qui met un bémol): il n'y a en effet aucune référence à la Russie, le côté social est un peu amené mais pas tant que ça, on a plus l'impression d'être face au quotidien d'un petit village de province lambda d'il y a quelques années avec sa galérie de personnages : le maire, la bovary etc
J'ai regardé les critiques autour de la pièce, elles sont assez partagées (les critiques se portent justement sur le manque de fidélité au texte d'origine, sur l'adaptation) 
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé : la scénographie, le jeu des acteurs, l'ambiance créé par le metteur en scène. La pièce a un peu de mal à s'installer au début et la fin arrive de façon un peu abrupte, de façon excessivement tragique par rapport aux tensions dépeintes durant la pièce qui ne paraissent pas justifier la fin. Après je ne pense pas que ce sera une pièce qui me marquera beaucoup, à part certains aspects visuels.