Toute seule contre vous-même - Compagnie Pire que debout - Karole Seyre

Publié le par nectar.safran@hotmail.fr

 Jeunes Talents Cirques - Théâtre de la Cité internationale Paris

Attention ! Les lauréats de jeunes talents cirque ne présentent que des étapes de travail donc qu'il me soit pardonné de donner volontairement à ces articles une forme plus critique. Qui aime bien, châtie bien !

Karole est une femme clown ; l'oeil part en vrille tandis que la voix s'enraye du timbre des actrices des années cinquantes. Elle se focalise sur Igor et voit plutôt la vie à la verticale même si elle redescend de temps en temps à l'horizontale. Le décor est bien planté avec ce mur de lamelles de bois parcemé d'objets, elle en prend bien possesion.

Néanmoins, le difficile réside non pas dans la technique de l'acrobatie murale mais bien dans celui du clown. Le clown peut jouer sur le pathétique, funambule du rire et du sans espoir, il peut être une déformation, une excroissance de nos sentiments comme de nos corps, un pied dans l'action la plus simple et démunie, comme lui, et un autre dans la poésie, la réalité humaine éphémère mais immortelle dès que l'art s'en mêle ... alors non, la caricature est un raccourcis de l'art clownesque.

Karole ne tombe pas dans la caricature mais s'accroche à un équilibre fragile. Elle tient son personnage certes mais à partir de là n'essaie pas de le décliner en nuances, à le faire évoluer, son jeu et ses intentions sont posés en un point de conclusion.

Après avoir vu jouer Catherine Germain, Leonor Canales ... , il est vrai que le spectateur se prête à rêver à faire le même grand écart, entre la simplicité apparente du clown et sa condition poétique de mortel.

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