Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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     PS / Juin: 
"Le sable glisse et cède, et je suis son déclin ;
Lorsque au dernier instant la masse l'abandonne,
Je crois sentir dans sa chute qui tourbillonne
La hâte d'un désordre étrangement humain". (le Sablier - Borges)

Oui, j'ai laissé passé toutes sortes de spectacles, lectures, sans en garder la trace, faute de temps, faute d'envie dans ce manque de temps. Au moment, où tous les bloggueurs se structurent grâce notamment au travail de Yann d'un air de théâtre, où le discours s'affine, où la médiatisation de ces initiatives se fait plus forte, je fais un pause bien longue et je m'en excuse. J'ai besoin de retrouver l'envie d'écrire sous cette forme. A moins qu'à l'image de mes cheveux qui se mettent à friser, je change de cap, qui sait ?

N'oubliez pas d'aller faire un tour sur la plateforme des blogs du spectacle vivant et notre réseau : Scenes 2.0 et Spect-acteur

Une autre manière de voir et surtout d'écouter le Hip Hop. Bien loin des clichés du rap américain et peut-être encore même plus du rap français, certains groupes ne s'enferment pas dans les poncifs du genre. 13 & God en fait partie, et le label Anticon, avec des chanteurs comme Sole, Doseone et compagnie nous en apportent la preuve. Le hip hop n'est pas mort, bien au contraire. Il peut encore faire preuve de beaucoup d'imagination, et surtout d'innovation. Innovation musicale mais aussi sur la voix, la diction et le rythme. Bien loin également de la vague slam à la Française. 13 & God, c'est beaucoup de musique électronique et de samples, mais aussi de nombreux instruments que l'on entend bien rarement dans le hip-hop. Parfois presque, on dirait une symphonie « hip hopienne ». Mélange de bruits, mais toujours avec le sens de la mélodie. Et une voix qui se pose dessus. Une voix que l'on dirait sorti tout droit d'une marionnette du muppet show ou bien des « Puppetmastaz » pour rester dans le hip hop. Loin des grosses basses, et du son formaté, il y a un peu de tout dans cet album. Des chansons qui s'approchent plus de la pop (If, Men of Station), des chansons calmes (Afterclap) et même du piano dans les chansons hip-hop (il y en a quelques unes quand même). Au final, peut-on vraiment classer ce disque ? Pas sûr, en tout cas, personnellement, et je préfère ne pas le faire.  Mieux vaut se laisser porter par le flow musical, et peu importe que ce soit du abstract hip hop, hip hop, ou je ne sais quoi d'autres…

Publié par J.

Dimanche 18 mai 2008
publié dans : Musique par JULIEN ajouter un commentaire
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Théâtre Garonne - 12 avril

Il m'est de plus en plus difficile d'écrire : l'impression que les mots s'assèchent au fur et à mesure qu'ils tentent de retenir un spectacle de danse, théâtre ou cirque. Ils se répètent sans jamais arriver à atteindre l'objet.

Et quel objet cette fois ? Entracte de Nadj.

Entracte qui me conduit à tenter de cerner ce qui fait  l'identité artistique ; une identité marquée - une signature qui sait néanmoins se renouveler. ll me semble bien qu'avec Entracte, Nadj atteint l'aboutissement d'une recherche. On retrouve un univers plastique qui mêle une forme d'austérité à une grande richesse de propositions visuelles et scéniques. Avec Entracte, cette austérité apparaît particulièrement élégante avec des lignes épurées. Il y a une sobriété qui permet d'entrer dans une grande complexité de l'écriture toute à la fois musicale, chorégraphique et plastique.

Je sens bien qu'il y a toujours son angoisse de fond qui surgit de par les masques, ses références, les touches de couleurs sang, terre et or, la mutabilité de ces figures humaines ; animales et marionnettes.

Il y avait également longtemps que, tout simplement,  une pièce ne m'avait pas happée de la sorte, sans que rien, aucun moment de déconcentration, de réflexion, d'ennuie ne vienne perturber le temps de l'éphémère et du vivant.

Samedi 19 avril 2008
publié dans : Danse par Sarah ajouter un commentaire
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Hasard, concours de circonstances, convergences de préoccupations. En peu de temps, j'ai vu No country for old men des fères Cohen et inspiré d'un livre de Mc Carthy, lu la Route  de Mc Carthy et vu la Ballade sauvage de Terrence Malick (me souvenant du même coup un peu de la ligne rouge et un peu mieux  du Nouveau Monde).

La nature, sauvage, objet de fascination, duelle

Fascination : attraction, attrait, aveuglement, éblouissement, envoûtement, magnétisme, séduction

En France, le rapport à la nature est, je crois assez différent. Peut-être que l'influence de Rousseau a été assez forte pour que la nature soit vue comme un facteur de liberté, d'épanouissement de la nature humaine. Entre-temps, les Français, sagement, cultivent leur jardin, la nature devient presque synonyme de campagne, voire même de villégiature. 

Aux Etats-Unis, la tradition, au berceau des pionniers, semble toute autre. Les Etats-unis et leurs grands espaces, une nature qui se manifeste dans ses excés et renvoie l'humain à sa fragilité. Une nature qui s'étale sur des kilomètres, non domestiquée. C'est un drôle de miroir de conscience : elle apparaît souvent grandiose et notamment dans ses manifestations les plus monstrueuses. Les américains, que ce soit par le cinéma et la littérature sont passés maître dans son évocation. 
Il est dès lors étonnant de souligner certains paradoxes, de notre point de vue franco-français : étonnant d'opposer une amérique souvent perçue comme infantile et artificielle et de l'autre ces oeuvres citées de Malick et Mac Carthy où les espaces dépouillent l'humain.
Je ne cite pas ces deux bonshommes au hasard. Tous deux, ne font pas dans l'idéalisme (je maintiens cette affirmation pour ce qui concerne Malick). Le mélange est plus tortueux : une forme de lyrisme sombre dans les descriptions, par le côté hors proportions des descriptions des espaces où la projection noire des pulsions humaines et d'une mortalité sans apparâts est mise en perspectives.

Spiritualité, cynisme, rédemption

A la fin de la Ballade sauvage, je me suis dit : Malick fait du panthéisme romantique dark. Panthéisme parce que la nature nous dépasse, on ne sait pas de l'homme ou de la nature qui va être mangé. Dans la route Mc Carthy fait la synthèse, ce duel titanesque se résout par la présentation d'un univers apocalyptique. Le roman commence sur cette image, la nature est morte, l'homme est mort, on recherche les reliquas de vie chez l'un et chez l'autre avec désespoir. Malgré tout, il y a dans ces oeuvres une âme, une vision qui, sans compromis, n'en est pas moins nourrie d'une forme de spiritualité, voire même de rituels qui se révèlent au fil des pages ou des plans qui lèchent le mystère de la création et de notre monde. 

Romantique aussi parce que face à ces immensités de solitude dans ces cadres naturels, les rapports humains peuvent apparaître anecdotiques et en même temps, l'humain ne se retrouve que dans les vestiges de relationnel qu'il arrive à préserver. Les relations amoureuses, filiales, sont mises à dures épreuves parce que plus aucun jeu n'est possible. Les codes et normes sociales sont hors sujet. 

Dark parce que, sans être désespérée, dans ces oeuvres, on se sent comme ces personnages : au milieu du désert, sans savoir où se planquer. Le personnage de Javiem Bardem dans No country for old men est intéressant parce qu'il cristallise ces différents points. Je l'ai vu comme la Fatalité même. Non pas la mort mais la fatalité. Il agit selon des règles sans cohérences, sans morales mais implacables qui se fondent dans la marche du monde : une mort bête et cruelle, comme toute mort peut-être. Lui même est soumis à un accident, la boucle est bouclée, personne n'échappe à la fatalité, tôt ou tard on l'incarne, au mieux, elle se drape du terme destinée.

Il y a beaucoup de paramètres incontrôlables et une nature profonde (mentale et environnementale) que nous n' apprenons à connaître que face à l'adversité.

C'est beau et terrible : on y retrouve la bible, la mythologie, écologisme et films d'horreur, guerre et tsunami, anticipation et histoire. C'est une convergence de cauchemars et de textes fondateurs.
Comment tuer Gorgone ? undefined

Dimanche 2 mars 2008
publié dans : Clochettes par Sarah ajouter un commentaire
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 undefinedDOCTEUR FOLAMOUR, de Stanley Kubrick (1964) 
ou de la différence entre la guerre chaude et la guerre froide.

A voir en V.O. pour les performances de Peter Sellers qui compose pas moins de trois des rôles principaux.

Enfin un film de guerre qu'on peut regarder, nous les filles! C'est un excellent film, très drôle, avec une très belle photographie noir et blanc, des personnages hilarants. L'histoire en quelques mots: un général américain pète une durite et décide de déclencher "le plan R", c'est-à-dire:
1) de couper toute communication entre lui et le Pentagone
2) d'ordonner à toute l'aviation américaine de lancer toutes ses bombes nucléaires sur la Russie...
Au président des Etats-Unis de se débrouiller pour arrêter la machine de guerre, éviter que le monde entier n'explose, avec l'aide:
a) d'un savant fou aux relents nazis,
b) d'un colonel qui n'attend que ça, de tout faire péter,
c) d'un président russe ami mais néanmoins porté sur la bouteille.
 
Stanley Kubrick, en imaginant avec humour et second degré comment la guerre froide aurait pu déraper, égratigne l'image de l'armée américaine (dirigée et composée de types pas très fins). Cela dit, la Russie (décrite à travers les poncifs habituels de la vodka, des espions et du président complètement inconscient) n'est pas en reste. Au final c'est l'humanité en général qui en prend un coup, dangereuse à force de puérilité, prête à renouveler l'expérience de la guerre froide même après l'apocalypse.

Publié par Christel
Dimanche 2 mars 2008
publié dans : DVDthèque par CHRISTEL ajouter un commentaire
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6 février au Théâtre Garonne


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Not) a Love Song est une véritable surprise. Dès le premier abord, un côté chic assez pétillant, toujours trop élégant pour aller vers un kitsch plus convenu.

L'écriture riche et fouillée, complexe, m'a destabilisée. Les trois interprètes (et pas n'importe qui : Vera Mantero, Miguel Gutierrez, claudia Triozzi, accompagnés de Vincent Segal) amènent une esthétique qui tisse toute une série de références et clins d'oeil dans un ensemble très cohérent mais jamais prévisible. Ils se situent dans une forme de démonstration par le pastiche, le décalé, des tableaux très visuels avec des poses et des pauses et une connivence avec les spectateurs sur ce qu'ils affichent nous montrer, une sorte d'effet miroirs permanent et semble-t-il pour eux, assez jouissif. La  bande-sonore live remplit l'espace, les interprètes sans jamais jouer ostentoirement la carte de la performence, pourtant bien présente, prennent ces compositions avec légèreté, mais toujours dans une très grande maîtrise des enchaînements et de la partition rythmique.

En vérité, il est bien difficile de faire face à (Not) a love Song, en une seule fois. C'est un spectacle qu'il faudrait voir au moins deux fois pour bien l'appréhender, pour ne pas céder parfois à une saturation de tous ces signes, sons, sens.

Certes l'influence musicale et cinématographique est assumée comme telle, il n'empêche que (Not) a Love Song dépasse la simple addition des citations ou de l'exercice de style. C'est une oeuvre non identifiée mais dont l'identité est, je crois, unique.

Mardi 19 février 2008
publié dans : Productions artistiques Non Identifiées par Sarah ajouter un commentaire
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