Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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dans quel état ..

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(M)IMOSA - Twenty Looks or Paris is Burning at the Judson Church

21 et 22 avril à la Fabrique - CDC de Toulouse

 

 

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(M)imosa s'inspire du "voguing", mouvement du début des années soixante, à Harlem New York : performances sociales pratiquées principalement par les gays, lesbiennes et transgenres d'origine afro-américaine et latinos. Le voguing imite des types sociaux liés au monde de la mode, du luxe et du business, en rejouant les catégories de genre et de race qui les fondent.

 

Dès le départ, une danseuse nous accoste, cheval fou, tout en gueule, dents, yeux ultra-expressifs, énergie virile et beauté d'une corps féminin ciselé de muscle, cheveux ondulés sauvage. Elle cavale, s'éclate, a chaud, se met les fesses à l'air et continue à cavaler, à se lancer dans cette course sans oublier son public.

 

Une même affirmation va traverser le spectacle "je m'appelle Mimosa". Et en effet, nous sommes dans la maison de Mimosa, une communauté qui se revendique de la même inspiration, figure emblématique plurielle, fictionnelle (?) féminine, masculine, transgenre. Mimosa trouve place sur une scène contemporaine. Mimosa dont les origines remontent aux quartiers pauvres et marginaux américains, se produit dans le microcosme de la danse contemporaine européenne et ici, toulousaine.

 

Dès lors, ils se succèdent, revendiquant d'être la vraie (M)imosa, présentant des performances mêlant danse, chant, imitations (dont une fabuleuse de Prince), créatures hybrides, fantasques, affirmant leurs goûts et couleurs (au sens propre !).

 

(M)imosa est jubilatoire. Elle ne se refuse rien, raconte des bribes d'histoires de vie ou de fiction. Tout est à la frontière : du vrai et fictionnel, du sexe masculin et féminin, de l'académique et posé à l'improvisé et spontanné. Tout se situe à la marge, dans un entre-deux engagé, empruntant sans complexes à un échantillon très larges de références.

 

(M)imosa et ses multiples identités, chante, danse son nom et existe. Nous n'en sommes que plus vivants.

 

Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 18:00
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Festival CDC de Toulouse - avril 2011

 

Les productions de la Zampa ne manquent jamais de gueule ou de caractère selon, et en tout cas de force, une intensité dans les gestes et intentions livrés dans un même mouvement.

 

Dans "Requiem" , un corps harnaché, une figure défigurée, entre dans un rituel. Un mouvement léger de la hanche, persistant, la figure se déplace et nous fixe. On sent un corps tonique et tendu vers une destination inconnue, qui nous interpelle mais le rite nous échappe. Guitare, son, voix, viennent renforcer cette sensation d'un enjeu. Toutefois celui-ci est ignoré et c'est peut-être là l'enjeu, dans cet inconnu.

Force est alors de penser à la mort, à cette frontière dont le corps est le médian tangible.

 

Le rituel : "Ensemble d'actes, de paroles et d'objets, codifiés de façon stricte, fondé sur la croyance en l'efficacité d'entités non humaines et approprié à des situations spécifiques de l'existence."(définition du Larousse)

 

ou « comportement répétitif ou acte mental que le sujet se sent poussé à accomplir en réponse à une obsession ou selon certaines règles appliquées de façon inflexible. Ce comportement est destiné à neutraliser ou diminuer le sentiment de détresse ou à empêcher un événement ou une situation redoutés. »  (définition de J boutilier - enseignant à l'INCTB)

 

La dimension de contrainte est présente, par l'harnachement du corps, qui peut être suspendu, traîné, tiré. Ce corps tente une communication vers le spectateur, vers le partenaire dans une image qui me rappelle fortement "carapace" de Schuitten. Tantôt, il est l'initiateur du rituel, figure effrayante, tantôt il n'est qu'un élément manipulé, figure abandonnée à son destin.

 

L'enjeu est au coeur du vivant, comme le vivant est l'enjeu au corps de la vie ou de l'art.

 

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Crédit photo : Isabelle Duverger

 

Chorégraphie Magali Milian et Romuald Luydlin
Avec Magali Milian, Romuald Luydlin, Marc Sens
Guitares Marc Sens
Création lumière Pascale Bongiovanni
Réalisation et régie son Valérie Leroux
Sculpteur Anne Leray
Textes Casey

Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 11:07
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Au Théâtre Garonne du 17 au 26 mars 2011

 

  Identité La scène est dépouillée, d'un blanc clinique. Pas d'effet lumières. Pas franchement de décors. Pas franchement de costumes. Ils sont deux, un couple. Ils semblent traîner leur ennuie ensemble. Les mots s'égouttent doucement. L'un lit l'étiquette d'une bouteille de vin, l'autre un manuel de grève de la faim. Le point de départ est posé. Marion ne mange plus pour trouver, donner, un sens à sa vie. Une décision indéterminée est prise, un objectif beckettien qui pourrait trouver des consonances sociales ou politiques mais qui semble à priori seulement existentielle, un acte paradoxal qui annihile cette femme à petit feu, l'aspire de l'intérieur tandis qu'elle tente des questions, tandis qu'elle tente l'absurde, ou une expérience vélléitaire de gain d'argent avec son conjoint.
André espère gagner facilement de l'argent en répondant à un questionnaire. Un objectif sans grandeur qui s'avère une quête identitaire pseudo scientifique ou statistique, pas très humaine.

 

Les mots semblent inoffensifs. Deux êtres qui se cherchent des objectifs, une occupation.

 

Pourtant les conséquences s'infiltrent dans l'anodin, le résiduel. Le badinage flirte avec la vie et la mort, la filiation, les liens de couple et de famille, le sens de la vie, le sens de l'histoire, le sens de l'argent, de l'être ensemble et être seul.

Ils semblent pris dans une expérience clinique qu'ils se sont infligés eux-mêmes.

Les mots s'égrènent précis, pas si anodins, pas si badins.

Deux être humains s'épuisent, physiquement, psychologiquement, humainement face à nous, ils se perdent. Elle reste à terre, on ne sait pas où il part.

C'est un titre, une question personnelle, un débat national.

Identité semblait un masque neutre, il a pris figure humaine et grimace douloureux.

 

Texte et mise-en-scène Gérard Watkins avec Anne-Lise Heimburger et Fabien Orcier scénographie et lumières Michel Gueldry

Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 18:22
- Publié dans : Théâtre - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Festival CDC Toulouse - février 2 au 5 février 2011

 

Tout va bien Buffard

 

Formule rassurante, creuse et imprécise : "Tout va bien." Elle coupe souvent court à toutes discussions, à toutes remises en questions. Tout va bien est une formule simple dans un monde compliqué.

Les créatures de Buffard portent des jarretelles et sont sexuées. Au départ anonymes, elles se révèlent dans une bestialité sophistiquée où les jeux de domination s'inscrivent sous le coup d'une pulsion ou d'un rituel, d'un système liant les individualités à tort et à pervers.

L'absurdité amène bien de l'énergie dans ces actions sans nom, évoquant violence et racisme, humanité et monstruosité. Pourtant l'ensemble se fond dans une esthétique, un "kiss my ass" de silhouettes érotiques, mécaniques et vocales. Dans le bordel, une voix lyrique. Dans le vide, des chemises blanches planent.

Ritournelles militaires, références cinématographiques,  bribes d'une société cruelle font le jeu cynique de "tout va bien."

Alain Buffard aboit.

Dehors le monde.

Dedans, le temps d'un instant, on pouvait sentir un besoin d'indignation.

Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 19:32
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Biennale de la danse de Lyon - 14 septembre

 

nelken-9911  Trente ans après, ou plutôt trente années durant, Nelken est sur scène.

 

Face à de telles oeuvres, on avance prudemment parce qu'on interroge un mythe. Alors, je m'accroche, scolairement à quelques grands axes.

 

La scénographie

Les oeillets roses. Un parterre d'oeillets, plantés sur toute la scène. Debout. Obligeant les danseurs à avancer précautionneusement pour leur première entrée. On ne peut pas se lasser de cette image. Petit à petit les oeillets sont écrasés, l'image ne se détèriore pas, elle enlève le voile de perfection pour laisser la tristesse, le cours du temps s'infiltrer.

 

Les interprètes

Un plateau d'une vingtaine d'interprètes.

Des physiques et des présences, des âges différents, des expériences, les héritiers de Pina, les danseurs historiques, la nouvelle génération. Nous sommes dans le présent et dans l'histoire de la danse, il n'y a pas de cloisonnement chez Pina mais une vérité. Cette vérité, elle se danse, elle se dit, elle se ressent, elle est diffuse et elle éclate.

 

Nelken

C'est étonnant de découvrir cette pièce avec quelque dizaine d'années de retard. La force est intacte et on y voit beaucoup de choses qui ont été par la suite reprises (et en moins bien, faut le dire).

Nelken me fait penser à la métaphore du roseau qui ploie sous la force du vent mais ne casse pas. Au départ, il y a la fragilité de l'espace, quelque chose de précieux. Puis, l'humanité s'emballe. Les rapports de force se dessinent, la séduction oscille entre innocence et domination. La scène est envahie de cartons et échaffaudage, la nature s'efface pour laisser place à un espace qui peut contenir une communauté d'individus, les émotions et la violence de leur lien.

Le mouvement va et vient : dans les gestes ritualisés des danseurs, les cycles mis en place, l'invidu et la communauté, l'intime et l'universel, le spectaculaire et sa réalité. Le spectateur est interpelé, tantôt plongé dans un oeuvre saisissante, tantôt directement interrogé. Du mouvement, de la vie, de la douceur et du mordant incisif, drôle de bipède que nous sommes.

Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 19:37
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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